Pour l’apercevoir, il faut être attentif. De plus près, ce coléoptère bleu clair et noir est une vraie beauté. C’est également un insecte très rare. Il passe la majeure partie de sa vie à l’état de larve dans du bois de hêtre mort. La Rosalie des Alpes peut y vivre jusqu’à cinq ans avant de sortir de sa chrysalide et de ronger le bois pour atteindre l’extérieur. Une fois à l’extérieur, sa vie de coléoptère est relativement courte (trois à quatre semaines). Pendant cette période, tout tourne autour de la reproduction chez la Rosalie des Alpes.
Le bois de hêtre mort, une denrée rare
La Rosalie des Alpes est confrontée à une situation difficile depuis longtemps, car le bois de hêtre mort exposé au soleil nécessaire au développement de ses larves fait défaut. Dans nos forêts, souvent exploitées de manière intensive et entretenues avec soin, ce type de bois est devenu une denrée rare. Les troncs morts et les branches cassées sont généralement déblayés avec beaucoup trop d’assiduité. Souvent, les coléoptères trouvent l’habitat dont ils ont besoin pour leurs larves uniquement en lisière de forêt, dans les tas de bois de chauffage. Les conséquences sont fatales, car le bois est généralement évacué et brûlé avant l’éclosion des insectes. Les larves de la Rosalie des Alpes finissent par mourir dans les poêles.
La patience est source de diversité
Étant donné qu’il faut plusieurs années après la ponte pour voir éclore ces magnifiques coléoptères, la patience reste de mise dans l’exploitation du bois mort. Celle-ci s’avère payante à moyen et long terme, non seulement pour la Rosalie des Alpes, mais aussi pour toute une série d’insectes et de champignons qui trouvent dans le bois mort un habitat approprié.
Tout est dans l’entretien
Les tracés des lignes aériennes pourraient s’avérer être un espace de reproduction idéal pour la Rosalie des Alpes. Dans le cadre d’un projet pilote de Swissgrid, le garde forestier responsable d’un secteur où la Rosalie des Alpes avait été repérée a adapté l’exploitation de la ligne à très haute tension en limitant la hauteur de la végétation. Il laisse des souches de hêtres d’environ deux mètres de haut et les entretient de manière à ce qu’elles ne soient pas endommagées par des chutes d’arbres aux alentours. Dans la mesure où cela n’entrave pas la sécurité, il veille à conserver ou à favoriser le bois mort sur pied et au sol.
L’objectif de Swissgrid est maintenant d’intégrer dans son système interne d’information géographique les données relatives à l’ensemble de la Suisse où la Rosalie des Alpes est encore présente. De cette manière, on pourra également tenir compte d’autres tronçons. Ce projet est actuellement encore à l’étude et nécessite de plus amples investigations.